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Entrevue avec Jessy Tremblay, travailleuse de rue

Publié le 5 février 2010


Jessy Tremblay, 23 ans, est une travailleuse de rue à La Tuque depuis un an. Plusieurs se demandent encore quel est son rôle et quelle est l’importance d’avoir un tel service dans notre ville. Pour ceux qui connaissent déjà ce service, je vous ferai découvrir cette jeune femme exceptionnelle remplie de joie de vivre !

Services offerts par Jessy

Le rôle d’une travailleuse de rue est d’intervenir pour aider les gens en difficulté. Plusieurs jeunes et adultes n’ont malheureusement pas d’aide publique comme un docteur, un psychiatre, un intervenant social, une aide en toxicomanie ou plusieurs autres services. La raison est soit que la personne vient d’arriver dans le secteur, que la personne ne sait pas comment demander ce service ou que la personne est tellement mal en point qu’elle ne voit même pas qu’il y a une solution qui pourrait l’aider.

Mais, lorsque Jessy arrive dans le décor, tout peut changer !

Notre travailleuse de rue est très souvent disponible et se déplace pour toucher le plus grand nombre de clients possibles. Elle a aussi un cellulaire pour que l’on puisse la rejoindre plus facilement. Jessy est très ouverte pour rencontrer les gens là où ils se sentent bien : au Vagabond, dans les parcs, dans les bars, à domicile, au restaurant et à d’autres endroits selon le besoin. Elle examine les besoins des gens et les aide à intégrer les services disponibles. Celle-ci fait également de l’écoute sur rendez-vous. Grâce à elle, plusieurs personnes ont réussi à régler des problèmes et à être plus heureuses.

Pour mieux connaître Jessy

Pour mieux la connaître, voici un entretien que j’ai eu avec notre travailleuse de rue :

Réjean : Bonjour Jessy ! Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Jessy : Je suis devenue travailleuse de rue parce que j’ai fait ma technique en travail social. L’intervention de bureau de huit à cinq, qui intimide souvent les gens, n’est pas ce qui m’intéresse pour l’instant. Ensuite, par les expériences de travail, je suis tombée amoureuse avec le communautaire. Les relations qu’on développe avec les autres sont volontaires, d’égal à égal, et je voulais que les gens qui sont en rupture avec les institutions aient quelqu’un à qui parler, quelqu’un qui est là pour eux, et ce, sans jugement. Ainsi, ils peuvent petit à petit retrouver confiance en le système. De plus, par ma personnalité, c’est l’emploi parfait pour moi. J’adore travailler avec les gens et les rencontrer dans leur milieu.

Réjean : Bien que tu exerces un métier qui te plaît, qu’est-ce qui est le plus difficile dans ce travail ?

Jessy : Ce qui est difficile, c’est que ce n’est pas encore un travail reconnu par tous. Il faut souvent défoncer des portes pour obtenir ce que l’on veut ou pour se faire entendre. Lorsqu’on croit en une personne, c’est difficile de l’aider à avancer et de voir qu’elle se fait encore fermer la porte pour ses erreurs passées parce qu’ils ne tiennent pas compte du cheminement qu’elle a pu faire avec nous.

Réjean : Quels sont tes loisirs et tes passe-temps ?

Jessy : Comme passe-temps, je fais du motocross l’été à Octane Parc, du camping, du snow et j’adore écouter des films.

Réjean : Où te vois-tu dans 20 ans ?

Jessy : Dans 20 ans ? J’espère être encore dans le domaine du travail social et être aussi passionnée dans mon emploi que maintenant. Côté personnel, j’espère avoir au moins huit enfants et savoir autant profiter de la vie et du moment présent. Je souhaite être toujours aussi amoureuse de mon chum et être championne de motocross, pourquoi pas !

Réjean : Finalement, as-tu un court message à adresser directement aux jeunes en difficulté ?

Jessy : Je sais que ce n’est pas toujours facile, mais il ne faut pas oublier qu’il y a plein de gens qui sont là pour vous, que ce soit un parent, un ami, un professeur, une intervenante de l’école ou les travailleurs de rue. Lorsqu’il se passe quelque chose dans votre vie, il faut en parler à quelqu’un ! C’est vraiment important puisque ça n’apporte rien de bon de garder de mauvaises choses en dedans. En parler peut paraître difficile ou gênant, mais après, ça fait tellement du bien et on n’est plus seul avec notre problème. Il faut continuer de croire en la vie, car plein de belles choses vous attendent, il ne faut juste pas en douter ! Il faut continuer de rêver, tout est possible !

J’espère que cet article vous a aidé à mieux connaître Jessy et le précieux travail qu’elle fait dans notre communauté. Elle écoute les gens en difficulté, les aide à intégrer les services existants et les encourage dans leur vie de tous les jours. Celle-ci a beaucoup de talent pour redonner le sourire aux autres, ainsi que pour leur faire voir qu’ils ne sont pas seuls. Pour conclure, j’aimerais prendre le temps de remercier toute l’équipe pour l’aide qu’ils m’ont apportée dans la dernière année !

Réjean Gravel


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